vendredi 9 octobre 2009
La poignée de main qui valait un Nobel
C’est une énorme surprise que nous ont offert nos amis scandinaves aujourd’hui : Barack Obama s’est vu remettre le prix Nobel de la Paix. Le plus prestigieux prix pour ceux qui œuvrent chaque jour à un monde meilleur a récompensé un homme qui depuis qu’on le connait (à peu près trois ans) et depuis qu’il est à la tête de la première puissance du monde (à peu près dix mois) a fait plus pour l’Humanité, avec un grand H, que le boys band et les gens qui ont une voiture électrique.
Félicitons le courage d’un homme au parcours exceptionnel. Certes, il rompt la monotonie des blancs portraits de la Maison Blanche, mais il en impose surtout pour son acharnement à parler et ne rien faire. Son incroyable capacité à l’incapacité impressionne tant, que Nicolas Sarkozy aurait vu en lui, un modèle.
Ce prix Nobel de la Paix vient donc récompenser la non-fermeture de la prison de Guantanamo (conforme à aucune des lois internationales existantes depuis Hammourabi), la non-poursuite des agents fédéraux soupçonnés de torture, la non-suspension du Patriot Act, la non-résolution de la crise économique et des dérives du capitalisme. Les Norvégiens sont, pour aujourd’hui, les hommes les plus avisés de la planète, ayant su voir ce que les autres peuples ont omis dans leur idolâtrie de la Sainte couleur du Président-qui-rompt-la-monotonie-des-blancs-portraits-de-la-Maison-Blanche.
Nous qui pensions que les Etats-Unis n’avaient pas rétabli la paix en Irak et en Afghanistan… Qu’Alfred pardonne notre sottise, car nous n’avions pas porté toute notre attention à la poignée de main. Cette poignée de main, qui a valu à Barack Obama le titre d’« Homme le plus pacifique de la planète ». Obama organise des poignées de mains entre tous les gens fâchés : Israéliens et Palestiniens, mais aussi les accidentés de la route qui ont du mal à rédiger un constat à l’amiable. Appelez Barack, l’homme réconciliateur qui saura régler tous vos petits tracas. Ou alors si vous voulez votre propre prix Nobel, faites qu’un Sud-Coréen et un Nord-Coréen se serre la main.
Le Petit cours d’actu c’est fini, la prochaine fois, nous vous révèlerons en exclusivité que Frédéric Mitterrand a raflé le prix Nobel de la science pour ses découvertes du corps humain en Thaïlande.
lundi 21 septembre 2009
Clearstream II : La Vengance de Nicolas
L’ancien premier ministre, Dominique de Villepin, comparaît - une nouvelle fois - aujourd’hui dans l’affaire Clearstream. Il est accusé d’avoir fomenté un complot contre Nicolas Sarkozy à l’époque de la campagne pour la présidentielle de 2007. Loin des spéculations et des analyses des précédents évènements de ce procès, le Petit cours d’actu a décidé de mener l’enquête sur ce procès.
À la barre des accusés : Dominique de Villepin, ex-super beau gosse premier ministre au bilan aussi peu chaotique que Raymond Domenech en Equipe de France. Côté martyrs : Nicolas Sarkozy, président de la République et symbole de la rupture. Rupture, parce que contrairement à son prédécesseur, plus enclin à subir le joug de la Sainte Justice, Nicolas Sarkozy, lui, prend malin plaisir à se servir du glaive de la dite Justice pour pourfendre ses ennemis. Ceux qui ont tenté de l’empêcher d’accéder au pouvoir comme De Villepin, ou ceux qui osent brandir des pancartes devant sa magnifique personne. Si le chef de l’Etat est (quasi)irresponsable juridiquement, il peut condamner. Vive la Constitution !
Nicolas Sarkozy, opportun, en profite donc pour attaquer tous ceux qui depuis des années l’humilient. Il y a 40 ans, un jeune homme du nom de Gaston Fragile, l’avait traité de « demi-portion » à la cour de récré. Vengeance présidentielle : le mécréant est condamné à perpétuité pour discrimination à l’encontre des personnes de petite taille. Et cet épicier arabe près du Bois-de-Boulogne qui lui a vendu un jour un grille-pain dysfonctionnel ? Passé à la guillotine pour atteinte à la vie d’autrui. En prime, la DGSE l’a gratifié d’un tampon terroriste, cadeau de la maison.
Tout va pour le mieux donc dans la meilleure des justices sarkoziennes et Dominique de Villepin n’a pas à s’en faire. Même si le président a le pouvoir de corrompre certains magistrats, d’éradiquer la fonction de juge d’instruction, il ne pourrait pas atteindre l’intégrité des jurés nommés. Neuf (plus un) jurés nommés dans le plus grand hasard… et tous mesurant moins d’un mètre soixante. Bizarre…
Voilà le Petit cours d’actu c’est fini. La prochaine fois, Roland Courbis nous parlera de son amour pour la justice.
jeudi 10 septembre 2009
Le crime... c'est chic !
« Qu’est-ce que c’est que la délinquance estivale ? Il y a une réalité simple… c’est que pendant l’été la population se déplace. Et logiquement, la délinquance se déplace aussi. Si on prend la saison 2009, en réalité nous aurons envoyé sur ces zones touristiques, près de 9 250 hommes. » En quelques mots, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux a enfin permis à la France de se débarrasser de ce terrible fléau, incurable depuis des décennies : la délinquance.
Face à Mélissa Theuriau sur le plateau de Zone interdite, le ministre a dévoilé fin août la solution miracle. Depuis des années, policiers et politiciens jettaient toutes leurs forces et leur haine sur la mauvaise cible. Les délinquants, les fouteurs de troubles… ce sont les riches ! Ceux-là même qui pendant l’été suive cette population qui se déplace. C’est simple : partant du principe que les jeunes des quartiers défavorisés ne possèdent pas les moyens financiers de quitter leurs quartiers, la délinquance provient forcément de classes sociales plus aisées. CQFD. C’est sûrement la raison pour laquelle 9 250 policiers ont été déployé cet été sur ces « zones touristiques ». Protégeons les Tropéziens d’une armée de délinquants en cagoule Dolce & Gabbana.
Grâce à Brice Hortefeux, les Karchers de l’Elysée vont pouvoir reprendre du service en débarrassant Neuilly-sur-Seine et le Cap Nègre de ses indésirables. Il faillait y penser. C’est tout naturel qu’après une dure année de labeur de délinquant, le petit prolétaire du vol-de-sac désire poursuivre son travail au soleil ou dans des endroits plus chic durant l’été. Ces petits morveux de Villiers-le-Bel ou de Saint-Denis n’ont pas cette même ambition. Le bon délinquant, lui, aime traquer sa proie partout où celle-ci s’enfuira et c’est là que l’on admire le talent de Brice Hortefeux : l’homme qui combat le crime partout où il est. Surtout à Saint-Tropez.
Voilà le Petit cours d’actu c’est fini. La prochaine fois, Orelsan et Joey Starr nous parleront du romantisme du XVIIIe siècle.